Toro Toro : un horrible trajet, beaucoup de poussière, un hôtel basique et de merveilleux paysages.

Toro Toro : un horrible trajet, beaucoup de poussière, un hôtel basique et de merveilleux paysages.

Accéder à Toro Toro

Depuis Cochabamba il y a un arrêt pour aller à Toro Toro qui, comme pour aller à Villa Tunari, ne se trouve pas dans le terminal de bus. Pour s’y rendre, il faut aller au croisement de l’avenue Republica et de la rue Mairana. Des mini-vans d’une capacité de 14 personnes font le trajet pour 35 bolivianos, il n’y a pas d’horaire, les mini-vans partent une fois remplis.

Nous ne savions rien de ce trajet qui est, très certainement, le pire trajet que nous ayons fait dans notre vie. De la terre, de la terre et encore de la terre, quelques nids de poule et de temps à autres pour varier, un chemin de pierres qui faisaient trembler la petite fourgonnette et tout ce qui s’y trouvait dedans, nous y compris. Nous hésitions durant ces cinq heures et demi, entre mourir de chaud les fenêtres fermées ou les ouvrir et terminer étouffés par toute la poussière qui s’engouffrait dans le véhicule. Cet horrible trajet qui, selon l’agence, devait durer quatre heures (mais qui en réalité à duré 5 heures et demie), nous a presque fait regretté de vouloir nous rendre à Toro Toro. Nous arrivons enfin au village, les vêtements et le visage marrons de poussière.

 

Se loger à Toro Toro

Il faut savoir qu’à Toro Toro, un seuil de prix est depuis plusieurs années, imposé aux hôtels pour éviter la concurrence dans ce minuscule village. C’est pourquoi, la chambre la moins cher que vous pourrez trouver est de 40 bolivianos par personnes. Plus tard, nous avons rencontré un français qui avait trouvé une chambre pour 30 bolivianos, soit un coup de chance soit il était bon négociateur.

En marchant le long de la place, nous apercevons quelques mètres plus loin, un hôtel en haut duquel est suspendu une pancarte où il est écrit en gros “WIFI”. L’hôtel Eden, propose des dortoirs avec salles de bain partagée et eau chaude pour 40 bolivianos par personne. Une fois installés, nous décidons de demander la clef du Wifi à la gérante de l’hôtel. Vous l’aurez deviné… c’était une publicité mensongère. La gérante nous explique qu’il fût un temps où elle avait eu du wifi mais que la connexion est si mauvaise à Toro Toro qu’elle avait décidé de renoncer au wifi plutôt que de payer pour n’en avoir qu’un cinquième du temps. A Toro Toro il n’y a qu’un accès internet. C’est dans une sorte d’épicerie, une grande borne contre laquelle il faut mettre son portable puis payer 10 bolivianos l’heure.

 

 

Manger à Toro Toro

L’option la moins cher, comme ça l’est dans la plupart des villages d’Amérique Latine, est de se restaurer au marché qui se trouve sur la place. Le petit-déjeuner et les repas coûtent 10 bolivianos. Si comme nous, vous commencez à être fatigués de manger tous les jours la même choses, vous pouvez trouver d’autres choix. Il y a un restaurant-bar autour de la place qui propose principalement une cuisine italienne (pizzas, pâtes, gnocchis…) mais nous l’avons trouvé un peu cher donc nous n’y avons pas mangé. En s’éloignant de la place et en descendant les petites rues, il y a d’autres petits commerces où se restaurer.

Nous avons trouvée un endroit, qui, n’avait même pas de nom mais qui proposait des hamburgers où même un “plat” à la demande, dans la limite du possible. La cuisine était simple mais bien préparée et la dame qui s’occupait de ce local était fort aimable. Un hamburger maison avec frites coûte 15 bolivianos et une assiette de riz avec tomates et des œufs au plat 10 bolivianos. Cet endroit se trouve dans la rue du musée, un peu plus loin sur la gauche. Il ne paye pas de mine mais nous le recommandons sincèrement.

Pour les petits déjeuner, nous les avons tous pris au marché. Vous pourrez demander au choix : du pain avec de la confiture ou un pain avec de l’œuf, tomate… Un peu la même chose que partout, mais bizarrement nous ne nous en sommes pas lassés!

 

Le parc national Toro Toro

Tous les groupes pour faire des tours ont une capacité de 6 personnes. Le prix de l’activité est fixé quel que soit le nombre de participant et se divise par le nombre de personnes présentes. Il est donc recommandé, pour payer le moins cher, de former un groupe de 6 personnes. A noter également, qu’il est interdit de faire l’un des tours proposés par “l’association des guides de l’écotourisme de la communauté de Tororo”, par ses propres moyens. Il est OBLIGATOIRE de payer un guide et un véhicule avec chauffeur si besoin. Le prix activités comprend le salaire des guides, l’entretien et l’essence des voitures et une partie est également remise aux communautés vivant aux alentours voire dans la parc naturel Toro Toro.
NB : Le détail des prix se trouve dans “Informations utiles” à la fin de l’article

Pour notre part, nous avons rencontré Anna, une autrichienne qui logeait également à l’hôtel Eden et nous nous étions mis d’accord pour aller faire ensemble les tours. Le matin, en allant payer notre entrée pour le parc, nous avons rencontré Yann, un breton peu bavard. Mission accomplie, nous étions 6 pour cette première journée d’activités.

 

 

Ciudad de Itasjour 1 – matinée

Ciudad de Itas est une marche de quelques heures durant la quelle on peut observer des grottes avec des peintures rupestres, des cavernes avec des formations incroyables, des formations rocheuses et si vous avez de la chance, des vizcachas. Cette marche n’est en rien difficile et elle est largement accessible à tous, même des enfants. Elle dure environ 3 heures mais comprend de nombreuses pauses, dans les cavernes, un rythme de marche très tranquille et un arrêt pour profiter d’une merveilleuse vue.

Ciudad de Itas est principalement connue pour ses nombreuses cavernes. Notre guide, Claudio, nous racontait l’histoire de chacune d’elles, c’était très intéressant.

Ainsi, au cours de votre marche, si votre guide est aussi adorable que le nôtre, il vous montrera ou récolter quelques mûres sauvages. Vous pourrez écouter l’histoire de la grottes où, guidés par les hirondelles, seuls les chamans avaient le droit de pénétrer. Si vous vous posiez la question de comment devient-on chaman, et bien, sachez que cela est défini dès la naissance. Si vous naissez avec deux bosses sur le front, c’est bouclé, vous êtes chaman. Vous passerez également par la grotte du Diable où la lumière n’entre pas et où personne, avant l’arrivée des chercheurs, n’avaient osé rentrer.

Vous croiserez également diverses roches qui ressemblent à des iguanes (cf photo ci-dessous) et des tortues de mer. Bon comme le disait notre guide Claudio, il faut ou avoir bu ou fumé ou avoir beaucoup d’imagination, mais il est vrai qu’en se concentrant nous avons pu les voir également !

 

 

Caverna Umalajanta (Caverne de l’eau qui se perd en Aymara), jour 1 après-midi

Cette caverne a été explorée par les espagnols. D’après notre guide, beaucoup de gens des campagnes alentours connaissaient son existence, mais ils pensaient que le Diable habitait dans tout ce qui est obscure et c’est pourquoi aucun d’eux ne s’y est aventuré. Ce tour consiste à faire de la spéléologie dans une caverne située à 10km du village de Toro Toro, claustrophobes s’abstenir! Pour autant, si la caverne mesure au total 4,500 km de long, vous ne ferez durant que ce tour “que” 800 mètres car arrivés à un certain point vous serez bloqués par une rivière souterraine qui doit son nom à la caverne. La durée moyenne de la visite est de deux heures et demie mais nous étions tous fort agiles, nous l’avons fait en une heure et demie.

 

 

Ainsi vous devrez descendre dans les profondeurs souterraine jusqu’à ce que la lumière du soleil ne puisse elle même y parvenir. Ramper, faire du rappel, glisser, marcher à quatre pattes, escalader, passer dans des passages si étroits que vous serez persuadés, tant que vous ne l’aurez pas fait, qu’il vous serait impossible de passer par là… Tel est votre programme!

 

Mais quel spectacle, vous passerez par différents “salons” pour observer stalactites, stalagmites et des piliers. Certains forment des rideaux, d’autres des saules-pleureurs. C’est magnifique. Plongés dans l’obscurité et le silence le plus totale, vous pourrez appréhender cette sensation de vide et si votre guide vous en sent capable, il vous demandera d’éteindre vos lampes frontales et vous fera passer par un trou si petit que dans le noir il est presque impossible à trouver.

 

 

L’arbre de chocolat

Vous passerez également devant une formation de stalagmites ayant la forme d’une vierge Marie tenant Jésus dans ses bras (toujours plus facile à voir en ayant bu ou fumé…). Vous pourrez jouer de la musique sur des stalactites creux et surtout, notre histoire préférée, vous passerez devant l’arbre en chocolat. 

La légende raconte que lorsque la grotte fut découverte, les hommes y trouvèrent un potager plein de fruits et de légumes. Les hommes pouvaient en manger tant qu’ils le désiraient mais les fruits ne devaient surtout pas sortir de la grotte, car s’il essayaient de le faire, les fruits se transformaient en pierre. Le meilleur de ce “potager des cavernes” était l’arbre en chocolat. Un, jour, un homme trop gourmand, décida de couper un bout de l’arbre, mais à l’instant même qu’il le fit, le potager et l’arbre se transformèrent en pierre… et lui avec! Et aujourd’hui, si l’on regarde bien, on peut trouver au côté de l’arbre la dernière phalange et l’ongle de l’homme qui a fait disparaître ce merveilleux potager.

 

 

El Vergel, jour 2 matin et début d’après-midi

Cette excursion à la journée se décline en plusieurs partie. Le début consiste à observer différentes empreintes de dinosaures. Puis une marche de 45 minutes jusqu’en haut du Canyon de Toro Toro. Il faut, ensuite, descendre 700 marches sur 400 mètres de dénivelé pour arriver en bas du Canyon puis marcher de nouveau entre et sur de grosses roches jusqu’à la cascade du Vergel. Pour le retour, plusieurs options : remonter toutes les marches et revenir à Toro Toro par le même chemin emprunté à l’aller, ou continuer le long du Canyon et remonter en “escaladant” le Canyon puis marcher de nouveau et passer devant les peintures rupestres (ce que nous avons fait), le retour prend en moyenne deux bonnes heures. Il existe une troisième option un peu plus longues mais dont nous ne pouvons donner plus de détails.

 

 

 

 

Pour cette deuxième journée, nous ne sommes que cinq. Yann est reparti le matin même à Cochabamba. Comme nous l’avions conclu la veille, nous retrouvons notre guide Claudio pour l’excursion du Vergel.

Nous commençons la visite par la découvertes de multiples empreintes de dinosaures. Claudio nous explique par quel processus ces dernières sont restées intactes.  Lorsque les dinosaures ont marchés dans ces lieux, la terre était très humide, voire boueuse, leurs pas se sont donc enfoncé, laissant une nette marque. Très vite, le climat s’est réchauffé, ce qui a permis à ces formations de se figer. Ce processus s’est répété plusieurs fois, jusqu’à ce que les couches de boues recouvrent complètement les empreintes, laissant une couche lisse. Les tremblements de terre et l’érosion des sols ont fini par détruire les différentes couches supérieurs, laissant apparaître les couches où se trouvaient les empreintes des dinosaures. Sur la deuxième photo c’est ce qu’on appelle un “négatif”, c’est à dire une pierre qui s’est retournée par le même processus, laissant apparaître le verso de l’empreinte.

Ci-dessous, une photo de “L’amphithéâtre” prise dans le parc Toro Toro où l’on voit nettement les différentes couches formées par les ères et qui laisse comprendre le processus expliqué dans le texte ci-dessus.

 

 

Nous continuons notre marche jusqu’au Canyon où un immense balcon a été construit au dessus du vide et offre une vue imprenable mais mieux vaut ne pas avoir le vertige. Il mesure plus de 250 mètre de hauteur et on peut y observer le vol de magnifiques rapaces. 

 

 

De là, nous avons descendu les marches jusqu’en bas du Canyon et marché jusqu’à la fameuse cascade El Vergel où nous avons déjeuné. Le chemin du retour est tout aussi magnifique mais un peu ardu. Il faut escalader les parois, de grosses roches mais c’est amusant, bien que fatigant! En chemin nous avons observé des peintures rupestres bien différentes de celles que nous avions vu la veille. Nous terminons cette excursions en marchant jusqu’au village depuis le haut des plaines, pleins de souvenirs de ces magnifiques paysages.

 

 

 

I N F O R M A T I O N S  U T I L E S

Accéder à Toro Toro

  • Arrêt de bus au croisement de l’avenue Republica et de la rue Mairana : 35 bolivianos
    (Trajet de  5 à 6 heures en moyenne)
  • Retour, agence au coin de la place du marche : 35 bolivianos
    (Trajet de  5 à 6 heures en moyenne)
    NB : nous vous conseillons de partir tôt le matin, en partant à 6 heures, nous avons mis presque une heure de moins qu’à l’aller.

Se loger et manger à Toro Toro

  • Le prix de la plupart des hôtels : 40 bolivianos par personnes
  • Manger au marché : 10 bolivianos
  • Manger dans des restaurants : entre 15 et 25 bolivianos

Prix du parc et des excursions

  • Entrée au parc national, valable 4 jours : 100 bolivianos / personne
  • Tour “ciduad des Itas” et “Caverna Umjalanta”, 1 journée : 100 boliviano par groupe pour le guide, 210 par groupe pour la voiture et le chauffeur.
    Si vous réussissez à former un groupe de 6 personnes, celà revient donc à 135 bolivianos/personnes.
  • Canyon de Toro Toro, El Vergel, pour ce tour il existe trois possibilités avec trois prix différents selon le chemin emprunté pour le retour. Nous avons choisi le “moyen”, ni le plus court, ni le plus long : 150 bolivianos pour le guide par groupe.
    Si vous réussissez à former un groupe de 6 personnes, celà revient donc à 25 bolivianos/personnes.


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