Puerto Williams : La ville encore plus loin que le bout du monde

Puerto Williams : La ville encore plus loin que le bout du monde

 

Première destination, la ville la plus au sud du monde, Puerto williams sur l’île de Navarino.

En effet, bien que Ushuaia lui ait volé la vedette, c’est bien sur cette île de 2500 habitants, où se trouve les incroyables «Dientes de Navarino», qu’est située la ville la plus australe du monde. Symboliquement, on se devait d’y faire un détour.

Puerto Williams est une petite ville pittoresque où l’on se sent réellement isolé du reste du monde. Le village comprend trois épiceries mais qui sont désignés par les gens comme des supermarchés, quelques restaurants tous assez chers et un seul accès au wifi (qui n’a marché qu’une heure durant toute la semaine où nous y étions) au niveau du port des pêcheurs.

 

Accéder à Puerto Williams:

Pour accéder à cette île, trois solutions.

Au départ de Punta Arenas, des charters d’une capacité d’une quinzaine de personnes partent depuis l’aéroport pour 80182 CLP. Un voyage magnifique au dessus de la terre de feu, de ses montagnes enneigées et du canal de Beagle. Le seul inconvénient, les bagages ne peuvent pas dépasser 11kg, quand on voyage avec du matériel de camping il est difficile de respecter cette condition. Pour chaque kilo de plus, il faudra donc payer 1500 PCL.

 

 

La deuxième option au départ de Punta Arenas est de prendre un ferry pour 108110 PCL, le prix à payer pour une traversée de 40 heures entre les fjords (que nous regrettons de ne pas avoir fait).

 

 

La dernière manière d’arriver dans cette ville du bout du monde est de prendre un bateau au départ d’Ushuaia pour 76.000 PCL. Une traversée de 40 minutes sur le canal de Beagle et une heure et demie de bus depuis Puerto Navarino jusqu’à la ville de Puerto Williams.

 

 

 

Se déplacer sur l’île, les transferts:

En arrivant à l’aéroport, deux transferts (sorte de van faisant office de bus sur l’île) attendent les touristes et les mènent aux différents hôtel pour 2500 PCL. Si vous n’avez rien réservé, vous pouvez faire confiance aux conducteurs pour vous aiguiller. Ils connaissent bien les différents services de l’île et sauront trouver l’hébergement qu’il vous faut en fonction de vos attentes et critères.

Ces mêmes transferts font deux trajets dans la semaine pour 900 pesos aller/retour.

  • Le mardi et le jeudi jusqu’à Punta Eugenia, un départ à 9h et l’autre à 16h. Si vous avez un peu de temps libre l’un de ces jours, autant en profiter pour y aller, sinon, ce n’est pas grave, vous ne perdez pas grand chose!
  • L’autre lundi, mercredi et vendredi vers l’ouest de l’île jusqu’à Puerto Navarino, départ à 8h00 et 16h00. Ce transfert passe par le cimetière Yagan, la cascade de los Bronces et le jardin ethnobotanique. Vous pouvez demander au conducteur qu’il s’arrête en chemin, sinon il ne le fera pas.

 

 

 

Se loger à Puerto Williams, Refugio et camping “El Padrino”:

Sur les conseils du conducteur du transfert, nous sommes arrivés au «Refugio El Padrino», hébergement le plus économique de l’île.

Quand nous poussons la porte de cette jolie maison bleue, personne, pas de réception, juste un salon joliment décoré, une cuisine et des bûches dans un poêle qui chauffe la pièce. En nous retournant vers la porte d’entrée nous tombons sur les «règles» du refuge. La première «faites comme chez vous», la dernière «on ne parle pas d’argent avant le jour du départ et encore moins pendant les repas» en disent déjà long sur l’hospitalité du lieu.
Quelques heures plus tard Cecilia la responsable du refuge arrive, heureuse que nous nous soyons mis à notre aise. En quelques minutes à discuter avec elle, nous avons l’impression d’être des amis de longue date. Cecilia connaît très bien l’île où elle est née et saura vous donner de bons conseils sur les activités à faire, les trekking faisable selon la période où vous serez sur l’île, les horaires des transferts, le prix à payer pour des empanadas de Centolla.
Le refuge se trouve à quelques mètres du terminal des pêcheurs et juste en face du port. Il se compose de 4 dortoirs, d’un salon et d’une cuisine et deux salles de bain. Le prix est de 17000 PCL.
Cecilia a également un camping qui porte le même nom que le refuge. Pour 8000 PCL par personne, vous pourrez planter votre tente dans un grand jardin. Si comme nous, vous arrivez avant que l’été ne commence et que l’herbe est encore humide, vous pourrez tout simplement loger dans la maison de bois qui se trouve au camping et qui offre toutes les commodités (salon, cuisine équipée et salle de bain) pour le même prix.
Quel que soit votre choix nous ne pouvons que vous recommander de vous héberger au refuge ou camping. Cecilia est de loin l’hôtesse la plus agréable que nous avons connu. Venant parfois partager le petit déjeuner ou encore nous emmener au début des trekkings en voiture, nous aiguiller vers les bons plans de Puerto Williams et toujours de bonne humeur. Cecilia nous a vraiment fait sentir chez nous dans cette petite ville du bout du monde.

 

 

 

Que faire à Puerto Williams:

Si vous arrivez fin novembre début décembre, vous pourrez faire le trekking de 4 à 5 jours en autonomie Dientes de Navarino. La route GPS est trouvable facilement sur des sites tel que wikiloc ou même sur l’application maps.me.

Si comme nous vous arrivez fin octobre, il est peu probable que les neiges aient fondu et que vous puissiez avoir accès aux sentiers. Pour autant vous pourrez profiter de quelques randonnées sans avoir à croiser une foule de touristes. En restant 6 jours sur l’île de Navarino, nous avons réussi à occuper toutes nos journées.

 

 

 

Un détour jusqu’à Punta Eugenia

 

Le jour où nous sommes arrivés sur l’île de Navarino, nou avons profité de prendre un transfert qui passait à 16h00 jusqu’à Punta Eugenia. Le trajet en soit est plus beau que lieu d’arrivée. Ce n’est pas exceptionnel mais si comme nous vous avez la bougeotte et une après-midi de libre, pour 900 CLP aller-retour ça peut valoir le coup!

 

 

 

Cerro Bandera

 

Situé à 3km de la place centrale, Cerro Banderas est la première marche que l’on nous a conseillé de faire. Si vous logez chez Cecilia, elle se fera sûrement un plaisir de vous emmener au début de la randonnée sinon vous pouvez également y accéder à pieds. Après une montée d’environ une heure et quart, vous arriverez tout en haut de cette petite montagne où est accroché un drapeau chilien et où vous pourrez admirer la vue sur les montagnes enneigées de l’autre côté du canal Beagle, vers Ushuaia. Vous pouvez continuer votre marche sur un petit kilomètre afin de profiter de la vue sur les Dientes de Navarino et du lac Robalo (gelé à cette époque de l’année).

 

En chemin les chanceux pourront croiser des oiseaux tels que le carancho (de son nom indigène traro) ou encore des pics verts.

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Aller en vélo jusqu’à Punta Gusano

A Puerto Williams, il est possible de louer des vélo à la journée pour 4000 CLP. Si vous avez un jour de libre, nous vous conseillons de pédaler 4,5 km jusqu’à Punta Gusano où vous pourrez profiter d’une magnifique vue à 360 sur la ville de Puerto Williams, les Dientes de Navarino, le canal de Beagle et la chaîne de montagne derrière Ushuaia. Profitez d’emmener un thermos et de vous asseoir pour profiter d’un sentiment de solitude au bout du monde.

 

 

 

 

Premier jour du circuit dientes de navarino jusqu’au lac del salto

Après avoir discuté avec Luis, le gérant de Turismo Shila, “l’agence de tourisme” et “magasin de randonnée” de Puerto Williams, nous apprenons que le premier jour du circuit du trekking de Dientes de Navarino peut se faire. Nous décidons de partir le jour suivant et de camper à la  Laguna del Salto, situé à 6 kilomètres de l’entrée du sentier. Il y a deux chemins officiels pour arriver à cette laguna. L’une en arrivant d’en haut par Cerro Bandera (impossible à cette période de l’année), l’autre par la vallée.

 

 

Le début du chemin est assez bien indiqué par des marques bleues sur le arbres. Malheureusement, dans les années 1940, les argentins ont introduit une vingtaine de castors (du Canada) en Patagonie afin de monter un commerce avec leur fourrure. Ce projet n’a jamais réellement abouti et les castors se sont reproduits. Aujourd’hui ce sont 100 000 castors sur la terre de feu et le Cap Horne qui détruisent la nature en innondant les bois à laquelle ils n’appartenaient pas initialement. En raison des arbres tombés par le travail minutieu des castors, il est compliqué, de trouver les marques pour les randonneurs et il est fortement conseillé de faire ce trekking avec un GPS ou une applications comme maps.me.

 

 

Après quelques kilomètres dans la forêt, à longer la rivière, vous arriverez au niveau d’une “plaine” où les arbres ont semblé être brûlés. De là, une vue imprenable sur les montagnes. Faites tout de même attention, car le terrain est très boueux et il faut rester vigilent de là où poser le pied.

 

 

La forêt reprend et vous arriverez d’ici peu à la Laguna Robalo, gelée dans sa grande majorité. Ici, le chemin commence à se corser. Suivre les traces sur les arbres devient presque impossible. La neige commence à apparaître, recouvrant le chemin des randonneurs. De là, il faut tenter de se frayer son propre chemin en analysant le terrain. Pour notre part, nous avons décidé de monter sur une petite colline derrière l’immense laguna et nous n’avons pas regretté. Une vue imprenable sur la laguna gelée, la forêt, le canal de Beagle et les montagnes enneigées.

 

 

D’ici, nous avons commencé à marcher plusieurs heures sans voir la fin de la neige. Au contraire, nous nous enfoncions de plus en plus. La neige était si haute qu’elle recouvrait presque la cime des arbustes sur lesquels nous tentions de marcher pour ne pas s’enfoncer dans la neige jusqu’à la ceinture. Nous arrivons en haut d’une pente assez raide et nous rendons compte que nous sommes déjà arrivée à la seconde laguna, complètement gelée et recouverte de neige. Derrière nous les Dientes de Navarino, plu prêts que jamais. Il ne nous restait que 800 mètres à parcourir pour arriver à la laguna del Salto mais conscient du danger de rester bloqués dans la neige nous avons décidé de faire demi-tour et d’établir notre campement dans la forêt au niveau de la première laguna.

 

 

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Puerto Toro

 

Le dernier dimanche de chaque mois, le ferry Cruz Austral longe le canal de Beagle pour approvisionner en bois et récupérer les poubelles de Puerto Toro, le village le plus au sud du monde. Une traversée magnifique et apaisante entre les îles du canal. Le meilleur de tout ça? Le voyage est gratuit. En arrivant à Puerto Toro vous aurez une heure et demie pour faire le tour du village composé de trois familles et de policiers. Quelques maisons, une petite église et une plage de pierres.

 

 

 

 

Puerto Navarino en passant par la cascade, le cimetière et le parc ethnobotanique Omora

Nous n’avons pas eu le temps d’y aller car le jours où le transfert allait vers Puerto Navarino mais tout comme Punta Eugenia si vous avez un jour de libre et qu’il concorde avec le jour de trajet du transfert, cela peut valoir le coup!

 

 

 

I N F O R M A T I O N S   U T I L E S

Arriver et partir de Puerto Williams

  • Depuis/jusqu’à Punta Arenas
    Charter avec la compagnie DAB : 80182 CLP
    (En hiver un voyage tous les lundis, mercredi et vendredi. A partir de novembre un voyage tous les jours du lundi au samedi.) 
    Ferry, voyage de 30 heures : 94572 CLP
    (Bien se renseigner en avance sur les jours de départ)
  • Depuis/jusqu’à Ushuaia
    Bateau, voyage de 40 minutes sur le canal de Beagle:
    70000 CLP

Se loger :

  • Refugio El Padrino : 17000 CLP personne/nuit
  • Camping El Padrino : 8000 CLP personne/nuit

Faire ses courses:

  • Simon et Simon
  • Temuko market

Informations touristiques:

  • Turismo Shila


4 thoughts on “Puerto Williams : La ville encore plus loin que le bout du monde”

  • Superbe ! Une question cependant, pourquoi le Chili ne donne pas de nouveaux noms ? Beagle ? On dirait Beatles ! William ? Qui le prince cucul la praloche d’Angleterre ? Bisous on attend la suite et restez prudents ok ? On prend pas la confiance là…

    • Des noms anglais pour la même raison qu’en Guadeloupe et Martinique bien que ces îles soient à des milliers de kilomètres de la France, elles ont des villes aux noms français!
      L’histoire de la colonisation!
      Bisous, bientôt l’article de notre périple en terre de feu!!!

  • Quel voyage ! Je vous suis avec plaisir sur ces chemins où je ne serais jamais allée. . .pas assez baroudeuse et courageuse. ..
    Vous êtes prudents ça nous rassure !
    Merci pour tout ce beau carnet de voyage
    Bisoussssà tous les deux !

  • Qui était William qui a donné son nom à la ville, d’où il sort lui ? C’est qui ? Les photos de glacier sont très belles mais ça me fait un peu peur. La nature est impressionnante. mais je ne ressens pas un sentiment de sérénité devant les glaciers mais d’inquiétude. Tous les deux vous êtes adorables sur les photos. Mignons comme tout. J’aime toujours les photos avec les arbres, on voit que les castors construisent des barrages. Ma préférée c’est l’ile de Navarino. Des bisous les amours. Maman

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